« Mémoire d’Orient » : une exposition dévoile l’autre front de la guerre contre le fascisme – Gentilly (jusqu’au 2 octobre)

1758119790094 Nouvelles d'Europe Huang Guanjie, Jingshu, Ma Xingjian
À l’occasion du 80e anniversaire de la victoire chinoise contre l’agression japonaise, une exposition photographique inédite s’est tenue à Gentilly, aux portes de Paris. Elle met en lumière le rôle méconnu de la Chine dans la Seconde Guerre mondiale, ainsi que le soutien apporté par les communautés chinoises d’outre-mer.

Le 16 septembre, l’exposition Mémoire d’Orient – 80e anniversaire de la Guerre de Résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et de la lutte contre le fascisme mondial a été inaugurée au centre culturel des amis de Nouvelles d’Europe à Gentilly. Elle était organisée par l’ambassade de Chine en France, en collaboration avec le bureau parisien de l’agence Xinhua, l’association des Chinois résidants en France et le groupe Guang Hua Cultures et Médias.

Cette année marque en effet les 80 ans de la victoire chinoise sur le front asiatique de la Seconde Guerre mondiale, commémorée en grande pompe à Pékin le 3 septembre dernier. De 1931 à 1945, le peuple chinois s’est battu au prix de lourds sacrifices contre l’envahisseur japonais. Cet engagement a profondément marqué son histoire et fait de la Chine un acteur essentiel de la paix mondiale.

Dans cette lutte contre l’agression japonaise, de nombreux Chinois de la diaspora ont risqué leur vie pour soutenir activement la résistance. Certains Français ont également apporté leur aide, devenant des figures emblématiques de cette page d’histoire, comme le docteur Jean-Augustin Bussière ou le père jésuite Robert Jacquinot de Besange. L’exposition retrace les grandes étapes de ce combat commun. Plus de 180 personnes ont assisté à l’événement, parmi lesquelles l’ambassadeur de Chine en France, M. Deng Li, le ministre auprès de l’ambassade M. Chen Dong, ainsi que les ambassadeurs ou représentants de plusieurs pays. 

Héritages communs et responsabilités partagées

Dans son discours, l’ambassadeur Deng Li a souligné que cette exposition visait à tirer les leçons du passé, à favoriser la compréhension mutuelle et à renforcer l’unité. Il a appelé à faire la lumière sur cette mémoire d’Orient, à dissiper les brouillards qui obscurcissent la vérité historique, et à défendre une lecture juste de la Seconde Guerre mondiale, pour préserver la justice internationale et éviter que l’humanité ne répète les tragédies du passé.


L'ambassadeur de Chine en France, Monsieur Deng Li lors du discours à la cérémonie d’ouverture de l’exposition. © Huang Guanjie / Nouvelles d’Europe

Il a rappelé que la guerre de résistance du peuple chinois avait été le tout premier front de la Seconde Guerre mondiale, le plus long et le plus meurtrier en vies humaines, jouant un rôle central dans la victoire contre le fascisme et dans l’émergence du nouvel ordre international d’après-guerre.

L’ambassadeur a également évoqué l’engagement commun de la Chine et de la France contre le fascisme, leur participation à la fondation de l’ONU et à la signature de la Charte des Nations Unies, établissant les grands principes des relations internationales : égalité souveraine, non-ingérence, règlement pacifique des différends. Depuis l’établissement de leurs relations diplomatiques en 1964, les deux pays défendent ensemble le multilatéralisme, la réforme de la gouvernance mondiale et un monde multipolaire plus équilibré.

« Chaque génération a ses défis, mais aussi sa mission », a-t-il déclaré. Il a appelé à s’inspirer des leçons de l’histoire, à promouvoir un multilatéralisme fondé sur l’humain et l’action, dans l’esprit de l’initiative pour la gouvernance mondiale récemment lancée par le président Xi Jinping.


Une visiteuse de l’exposition © Huang Guanjie / Nouvelles d’Europe

Témoignages et émotion

Parmi les intervenants, l’ambassadrice d’Azerbaïdjan en France, Mme Leyla Abdullayeva, a salué une exposition « profondément marquante », qui rappelle « la nécessité d’unir nos forces face à l’ennemi commun de l’humanité : le nazisme ». Elle a insisté sur l’importance de transmettre cette mémoire aux jeunes générations. L’Azerbaïdjan, alors république soviétique, a lui aussi souffert de l’invasion nazie, et certains de ses résistants ont combattu en France. Elle s’est dite émue de voir la Chine porter en Europe un message historique aussi fondamental. « Se souvenir de l’histoire est notre responsabilité commune », a-t-elle affirmé.

Le petit-fils du docteur Bussière, également présent, a déclaré être heureux de participer à l’inauguration. Il a évoqué une histoire qu’il connaît bien, transmise par son grand-père puis son père, et a souligné l’importance de perpétuer cette mémoire.

M. Cai Junzhu, président de l’association des Chinois résidants en France, s’est exprimé avec émotion : « Je reviens tout juste des commémorations du 3 septembre à Pékin, et je suis fier d’avoir contribué à cette exposition. L’esprit de résistance et de salut national des générations passées reste profondément inspirant. »


L'ambassadeur Deng Li visitant l'exposition accompagné de Zhong Cheng, président du groupe Guang Hua cultures et média et directeur de publication de Nouvelles d’Europe. © Huang Guanjie / Nouvelles d’Europe

Un fort intérêt du public

Ce jour-là, plus de cinquante étudiants en communication de l’université Paris 8 ont visité l’exposition. Interrogées par les journalistes, deux étudiantes, Lyne Bamogo et Marie André-Roger, ont confié leur émotion : « Cette exposition nous a permis de mieux comprendre les souffrances du peuple chinois pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous avons découvert une histoire largement méconnue, et pris conscience du rôle essentiel de la Chine dans la victoire contre le fascisme. C’est un choc. Ces faits sont rarement évoqués. »

L’exposition a suscité un vif intérêt : les étudiants ont pris de nombreuses photos, posé des questions et manifesté un fort intérêt pour le développement actuel de la Chine. Plusieurs d’entre eux ont interviewé des témoins présents et ont exprimé le souhait d’interroger l’ambassadeur Deng Li, qui s’est volontiers prêté au jeu, répondant à leurs questions et les encourageant à se rendre en Chine pour découvrir par eux-mêmes l’évolution du pays.

Enfin, l’ambassadeur Deng Li, interviewé par Nouvelles d’Europe, a rappelé que les communautés chinoises à travers le monde, y compris en France, avaient joué un rôle décisif dans la guerre de résistance, apportant argent, matériel et soutien moral. « Nous ne les oublierons jamais. Leur engagement démontre que, face à l’agression étrangère, le peuple chinois sait faire front, uni, et qu’aucune force ne peut le vaincre. »


L’exposition est ouverte gratuitement au public jusqu’au 2 octobre.

Adresse : centre culturel Les amis de Nouvelles d’Europe, 48 rue Benoît Malon, 94250 Gentilly.



Photo du haut : salle d’exposition © Huang Guanjie / Nouvelles d’Europe

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