Maxime Vivas : défendre courageusement la vérité sur le Xinjiang

1763635903657 China News Pei Xinyu

Dans le monde actuel, où l'information est complexe et où les préjugés et les malentendus sont omniprésents, il est crucial de transmettre la vérité et de promouvoir le dialogue. Les études des terrain et l’écriture peuvent contribuer à la construction de ponts de dialogue et de paix. Maxime Vivas, écrivain, critique politique et journaliste français de renom, se consacre depuis longtemps à présenter la Chine de manière objective et impartiale à la communauté internationale. 

Maxime Vivas a mené des recherches et des enquêtes approfondies sur le terrain pour contrer efficacement les allégations déformées et calomnieuses sur le Xinjiang émises par un petit nombre de responsables politiques et de médias américains et occidentaux. Observateur ayant visité le Xinjiang à trois reprises et ayant voyagé longuement au Tibet, il présente la Chine authentique au monde grâce à son témoignage direct de chercheur indépendant. Après avoir reçu le Prix de la Réussite Exceptionnelle lors de la deuxième édition du Prix Orchidée qui a eu lieu le 10 juillet 2025, il a accordé une interview exclusive à l'émission « W.E. Talk » de China News Service (CNS). Lors de cette entrevue, il nous fait part de la réalité qu’il a pu observer sur le terrain. 

De nombreux Chinois vous connaissent comme celui qui souhaite rétablir certains éléments de vérité sur la production de coton dans le Xinjiang. Qu'est-ce qui vous a motivé à parler de ce sujet ? 

En 2020, une histoire sur « 500 000 esclaves dans les champs de coton chinois » a circulé dans certains médias occidentaux. Ils ont fabriqué un mensonge aussi choquant, sans que personne ne se demande : « Où sont les sources ? Où sont les preuves ? » En réalité, la vérité saute aux yeux si l'on prend le temps d'enquêter.

En 2008, j'ai visité la Chine pour la première fois. En 2010, je me suis rendu au Tibet au sein d'une délégation de journalistes. Cette expérience m'a inspiré l'écriture du livre Pas si zen : La face cachée du Dalaï-Lama En 2016, j'ai visité le Xinjiang avec 40 journalistes venant de 20 pays. En 2018, j’ai voyagé avec d’autres journalistes au Xinjiang et nous avons coécrit le livre Le Retour des Hirondelles. En 2023, j'y suis retourné à nouveau.

Je suis le seul journaliste français à avoir visité le Xinjiang à trois reprises, témoin direct du développement et des mutations de la région. Plutôt que d'imaginer les choses depuis mon bureau, j'ai vu le Xinjiang réel, lu des récits d'Orient et d'Occident, et l'ai observé sous différents angles. Je recherche la vérité et je suis prêt à la défendre.

Ce qui me soutient, c'est la conviction que le temps finira par révéler la vérité. Personnellement, j'espère pouvoir affronter mes véritables sentiments. J'ai trois fils, qui ont tous visité la Chine. J’espère qu'ils me regardent avec respect dans les yeux, et je pense avoir atteint cet objectif.

Fin 2020, mon premier livre sur le Xinjiang, intitulé Ouïghours, pour en finir avec les fake news, a été publié. Dans cet ouvrage, je reconstitue la vérité sur le coton du Xinjiang à partir de mes expériences personnelles et de mes enquêtes menées dans la région. Après cela, j'ai été presque totalement banni du monde de l'édition française, mais je me suis toujours identifié à l'épitaphe de l'écrivain grec Nikos Kazantzakis : « Je ne demande rien, je ne crains rien, je suis libre. » La quête de la vérité laisse inévitablement des « cicatrices de guerre ». Pourtant, je crois que celles-ci ne sont pas une marque de honte, mais plutôt des médailles de liberté et de conscience.

Une machine à récolter le coton est en train de récolter du coton dans un champ du comté de Yuli, dans le Xinjiang. Photos © CNS

Les Occidentaux ont souvent des « stéréotypes » lorsqu'ils observent la Chine. Comment les aider à enlever ses « lunettes teintées » et à voir une Chine authentique ?

En France, l'image de la Chine est assez floue. Mais une fois qu'on y est allé, on est surpris par l'immense fossé entre la réalité et les préjugés. Prenons l'exemple du Xinjiang. C'est une terre magique, avec ses vastes plaines, ses montagnes majestueuses et ses vastes forêts, où se mêlent riches cultures ethniques et vie urbaine moderne. Il faut le voir pour le croire.

La Chine devrait développer davantage son industrie touristique. Le tourisme est essentiel pour dissiper les préjugés et favoriser la compréhension mutuelle. Grâce à une expérience directe, les étrangers peuvent découvrir la vraie Chine : des villes modernes et imposantes, un réseau étendu et performant de métros et de trains à grande vitesse, un riche patrimoine historique et culturel, une beauté naturelle et une diversité culturelle.

Bien sûr, il y aura toujours des personnes aux préjugés, mais je suis convaincu que, même si elles peuvent avoir des idées fausses avant leur voyage, elles seront, une fois sur place, touchées, voire fascinées, par le véritable visage de la Chine. Par conséquent, permettre à davantage d'étrangers d'explorer et de comprendre la Chine est l'un des moyens les plus efficaces d’enlever ses « lunettes teintées ».

Dans le processus de modernisation du Xinjiang et du Tibet, quels sont, selon vous, les défis auxquels la culture traditionnelle est confrontée et quelles nouvelles opportunités s’offrent à elle ? Quels efforts le gouvernement et la société devraient-ils déployer pour concilier préservation de la culture traditionnelle et modernisation ? 

Il fut un temps, dans l’histoire de France, où des dizaines de langues étaient parlées à travers le pays, témoignant d’un riche écosystème linguistique. En 1539, le roi François Ier promulgua l’Ordonnance de Villers-Cotterêts, établissant officiellement le français comme seule langue officielle. Aujourd’hui, les Français peuvent voyager à travers le pays sans se soucier des barrières linguistiques, car tout le monde parle la même langue. Cependant, cette unification linguistique se fait au détriment des autres langues.

La Chine a adopté différentes approches pour gérer la diversité linguistique. Au Tibet, le chinois est la langue officielle, et le tibétain est également l’une des langues officielles de la région autonome du Tibet. Ces deux langues servent de lingua franca. J’ai personnellement entendu des gens communiquer en tibétain, et il en va de même au Xinjiang. L’ouïghour n’est pas interdit et de nombreux panneaux sont écrits en ouïghour. Au séminaire théologique islamique du Xinjiang, à Ürümqi, j’ai vu de nombreux étudiants lire des livres en ouïghour, en chinois et en arabe.

Le 6 juin 2025, dans la rue piétonne du Grand Bazar d'Ürümqi, dans le Xinjiang, les habitants ont dansé joyeusement au rythme de musiques folkloriques traditionnelles pour célébrer l'Aïd al-Adha.

Ces avancées sont indissociables de la large participation de la population de tous les groupes ethniques. La région autonome du Tibet et la région autonome ouïghoure du Xinjiang jouent un rôle concret dans la gouvernance nationale chinoise, garantissant que la formulation et la mise en œuvre des politiques répondent au mieux aux besoins et aux souhaits de la population.

L’année 2025 marquait le 50 anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Union européenne. Quelles sont vos réflexions et suggestions pour mieux promouvoir les échanges culturels entre la Chine et l’Europe et renforcer la compréhension et la confiance mutuelles ?

À l’heure actuelle, l’opinion publique internationale à l’égard de la Chine reste complexe. Face à cette réalité, je pense que la Chine devrait accroître ses investissements culturels, notamment dans les arts, le cinéma, la littérature et la musique, afin de créer davantage de canaux culturels accessibles directement au grand public, permettant au monde de découvrir la Chine à travers les expressions propres au peuple chinois.

À plus long terme, nous devons rester optimistes et patients. La vision chinoise du développement pacifique et le concept de communauté de destin pour l’humanité sont particulièrement attractifs. À l’avenir, nous pourrons observer une évolution des mentalités à l’échelle mondiale.

Article traduit du chinois, initialement publié sur Chinanews.com.cn.

Photo du haut : Le 10 juin 2025, des touristes étrangers ont visité le quartier historique de la rue Barkhor à Lhassa, au Tibet.

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