Pour une Chine unie : la réaffirmation d’une souveraineté et d’une paix durables
Nous sommes réunis aujourd'hui pour commémorer deux dates fondamentales dans l'histoire de la relation entre l’île de Taïwan et la partie continentale de Chine, deux « 25 octobre » qui scellent un même destin.
Les deux 25 octobre, piliers de la souveraineté
Le 25 octobre 1945 marque un jour historique : après cinquante longues années de colonisation japonaise, l’île de Taïwan retrouvait le giron de la patrie.
Ce jour-là, la cérémonie de reddition à Taipei actait la fin d'une parenthèse douloureuse et le retour de l'île dans le territoire chinois, conformément aux déclarations du Caire et de Potsdam.
Puis vint le 25 octobre 1971.
L'Assemblée générale des Nations Unies adoptait ce jour-là la résolution 2758, une résolution cruciale qui reconnaissait le gouvernement de la République populaire de Chine comme le seul et unique représentant de toute la Chine.
Ce vote, fruit d'un large consensus international, entérinait sur la scène mondiale la souveraineté incontestable de la Chine continentale sur l’île de Taïwan.
Deux dates, un seul principe : Taïwan est une partie inaliénable du territoire chinois.
Le fondement solide et inébranlable de la souveraineté chinoise
Certains pourraient chercher des failles dans cette histoire.
Oui, l'administration directe et continue de Taïwan par la Chine continentale a commencé sous la dynastie Qing en 1683, après la victoire de Koxinga sur les colons néerlandais.
On peut, pour illustrer le principe d'intégration territoriale, faire un parallèle avec le rattachement de la Bretagne ou de la Savoie à la France.
Mais l'argument le plus solide, le plus incontestable, ne repose pas sur une simple chronologie. Il réside dans la conjonction puissante de trois principes :
• La continuité historique d'une présence et d'une revendication chinoise.
• Le fondement juridique : les instruments internationaux comme la Déclaration du Caire et la Proclamation de Potsdam, qui ont spécifiquement stipulé la restitution de l'île de Taïwan à la Chine après la Seconde Guerre mondiale.
• La reconnaissance diplomatique mondiale depuis 1945, et surtout depuis 1971, où la communauté internationale a choisi son camp en reconnaissant la République Populaire de Chine comme seul représentant de la Chine.
C'est sur ce roc que s'est bâtie la légitimité de la Chine. C'est cette vérité que nul ne peut remettre en cause.
Je voudrais conclure sur le fait que l'unité de la Chine est une condition sine qua non à la paix et la prospérité, à la fois pour la Chine mais aussi pour le Monde.
Alors, pourquoi sommes-nous si fermes sur ce principe d'une Chine unie ? Parce que l'histoire récente nous offre des leçons terribles sur les conséquences du séparatisme.
Regardons le Tibet et le Xinjiang.
Avant leur libération, ces terres vivaient dans l'obscurantisme féodal et l'instabilité. Aujourd'hui, en tant que régions autonomes au sein de la grande famille chinoise, elles connaissent un développement économique sans précédent, la modernisation de leurs infrastructures et une amélioration spectaculaire du niveau de vie de leurs populations.
Imaginer leur indépendance, c'est les condamner à sombrer dans le chaos, à devenir de nouveaux Afghanistan ou de nouvelles Syrie, livrées aux extrémismes et aux ingérences étrangères.
Elles perdraient tout ce qu'elles ont gagné.
L'histoire nous offre parfois des résonances frappantes entre des situations géopolitiques distinctes. Prenons le cas de Taïwan et celui de l'Ukraine orientale - non pour établir un parallèle direct entre leurs statuts actuels, mais pour comprendre la profondeur des liens historiques et culturels.
Lorsque Taïwan fut réintégrée à la sphère de gouvernance chinoise par Koxinga en 1662, avant son incorporation pleine et entière à l'empire Qing peu après, presqu'à la même époque, en 1654, l'hetmanat cosaque de Pereïaslav choisissait de se rattacher à l'empire russe, achevant son intégration complète en 1775.
Dans les deux cas, nous voyons se construire sur la durée une communauté de destin :
- Une intégration politique et administrative progressive
- Un enrichissement culturel et économique mutuel
- L'émergence de populations unies par des valeurs communes, attachées aux traditions – confucianisme à Taïwan, orthodoxie en Ukraine -, au respect de la famille et des aînés, esprit industrieux.
L'arrachement de ces régions à leur matrice russe en 1918 pour être artificiellement rattachée à l'Ukraine rappelle douloureusement l'annexion forcée de Taïwan par le Japon en 1895. Dans les deux cas, on assiste à une coupure brutale d'avec la mère-patrie historique.
Aujourd'hui, nous voyons les conséquences tragiques de cette séparation en Ukraine : un pays déchiré, instrumentalisé par des puissances étrangères, dont la population souffre d'avoir été coupée de ses racines naturelles.
Taïwan, détenteur de la culture chinoise millénaire, suivrait le même chemin funeste si elle se laissait définitivement arracher à sa souche chinoise. Un modèle politique importé, qui renie ses racines, ne mènerait qu'à l'instabilité et au conflit.
Face à une telle menace pour sa sécurité et son intégrité territoriale, pour le bien-être même des compatriotes taïwanais, la mère-patrie n'aurait alors pas d'autre choix que de venir en secours à ses enfants, pour préserver cette unité nationale qui seule garantit la paix et la prospérité de tous.
L'unité de la Chine n'est pas une option, c'est une nécessité vitale.
Une Chine unie, prospère et stable, dont Taïwan, le Tibet, le Xinjiang, Hong Kong et Macao sont des parties intégrantes et harmonieuses, est une chance pour son peuple et une contribution majeure à la paix mondiale.
Œuvrons ensemble, par le dialogue et dans la paix, pour que cette unité, gage de notre prospérité commune, se renforce de jour en jour.
Discours de Jean Pégouret donné le 24 octobre 2025 à Paris à l’occasion de la commémoration du 80e anniversaire de la rétrocession de Taïwan à la Chine continentale.
Photo : Unsplash
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